Depuis le Col du Tourmalet, par un matin de septembre, nous avons regardé la route des cols des Pyrénées serpenter vers la vallée comme un fil tendu entre deux mondes. En bas, les troupeaux. En haut, le silence et le vent. Et cette évidence : avant nous, des générations entières ont traversé cette montagne par ces mêmes passages, à pied, à cheval, aujourd’hui en vélo ou en moto. La chaîne pyrénéenne n’est pas un mur — c’est un territoire à lire, col après col, d’Hendaye sur l’Atlantique jusqu’aux rivages méditerranéens. Nous la connaissons pour l’avoir parcourue dans tous les sens, par tous les temps, avec des bêtes et sans. Ce guide, on l’a voulu honnête et terrain : vous y trouverez l’itinéraire complet, les cols incontournables, les difficultés réelles selon votre moyen de transport, et les conseils pratiques que personne ne vous dit avant de partir. Que vous soyez cycliste, motard ou simple voyageur en quête de grands espaces, la montagne vous attend — autant la connaître avant d’y entrer. Pour aller plus loin, découvrez aussi notre guide sur la construction d’une bergerie ainsi que notre article sur le cirque de Gavarnie.
En bref :
- ● La Route des cols des Pyrénées relie Hendaye (côte Atlantique) à Banyuls-sur-Mer (côte Méditerranée) sur environ 900 km à travers les Pyrénées.
- ● L’itinéraire traverse plus de 20 cols, dont le célèbre col du Tourmalet à 2 115 m, point culminant routier des Pyrénées.
- ● La route est accessible en vélo, moto, voiture et camping-car, mais chaque mode de transport implique des contraintes spécifiques qu’il faut anticiper.
- ● Les cols sont généralement ouverts de juin à octobre, selon l’enneigement et les conditions météorologiques.
- ● L’itinéraire traverse des massifs, vallées et villages emblématiques, dont Laruns et Luchon, au cœur du tourisme pyrénéen.
- ● Certains tronçons présentent des routes étroites et des dénivelés importants, peu adaptés aux grands véhicules comme les camping-cars.
- ● Une préparation physique et logistique sérieuse est indispensable, en particulier pour les cyclistes qui visent le parcours complet.
La route des cols des Pyrénées : ce qu’elle est vraiment, d’où elle vient
Imaginez-vous au bord d’une route de montagne, les brebis dans le pré d’à côté, le vent qui descend du col et les sommets pyrénéens qui se découpent dans le ciel bleu. C’est comme ça qu’on vit les Pyrénées quand on les connaît vraiment — pas depuis un écran, mais les pieds dans la caillasse. La Route des cols des Pyrénées, c’est exactement ça : une invitation à traverser la chaîne de part en part, d’Hendaye jusqu’à Banyuls-sur-Mer, en longeant la frontière espagnole sur près de 900 kilomètres.
Cette route n’est pas née du hasard. Au début du XXe siècle, les ingénieurs des Ponts et Chaussées ont ouvert ou aménagé ces routes de montagne pour désenclaver les vallées pyrénéennes. Le tourisme naissant y a vu une opportunité, et le Tour de France a fait le reste : dès 1910, les cols des Pyrénées entrent dans la légende du cyclisme mondial. Le col du Tourmalet est franchi pour la première fois par les coureurs cette année-là — et il ne les a plus jamais lâchés depuis.
Géographiquement, la route traverse cinq grandes zones bien distinctes. On part du Pays Basque humide et vert autour d’Hendaye, on monte vers le Béarn et ses vallées profondes, on passe par les Hautes-Pyrénées avec leurs sommets de plus de 3 000 mètres, on traverse l’Ariège plus sauvage et moins touristique, et on finit dans les Pyrénées-Orientales sèches et ensoleillées. Le dénivelé cumulé total dépasse les 21 000 mètres — autant dire que la montagne ne vous fait pas de cadeau.
| Zone géographique | Cols principaux | Altitude max | Caractéristique |
|---|---|---|---|
| Pays Basque / Béarn | Aubisque, Pourtalet | 1 709 m | Paysages verts, routes larges |
| Hautes-Pyrénées | Tourmalet, Aspin, Peyresourde | 2 115 m | Cols mythiques, fort trafic estival |
| Ariège | Core, Puymorens | 1 920 m | Sauvage, peu fréquenté |
| Pyrénées-Orientales | Puymorens, Portillon | 1 915 m | Climat sec, végétation méditerranéenne |
Ce qui rend cet itinéraire unique par rapport aux autres grandes routes de montagne françaises — les routes des Alpes ou du Massif Central — c’est son caractère de traversée totale. On ne fait pas une boucle, on traverse une chaîne entière. Le Pic du Midi de Bigorre, visible depuis des dizaines de kilomètres à la ronde avec son antenne caractéristique, sert de repère visuel emblématique au cœur du parcours. On sait qu’on est au bon endroit quand on l’aperçoit.
💡 Conseil : dans quel sens partir ?
Ouest → Est (Hendaye vers Banyuls) : le vent dominant vient de l’Atlantique, donc il pousse dans le dos. On commence par les cols les plus accessibles et on monte progressivement en difficulté. Recommandé pour les cyclistes.
Est → Ouest (Banyuls vers Hendaye) : on attaque d’emblée par les cols ariégeois moins fréquentés, et on garde les géants des Hautes-Pyrénées pour la fin. Certains motards préfèrent cette option pour finir en beauté.
Les cols de la route des cols des Pyrénées qu’on ne peut pas rater
Les cols stars : Tourmalet, Aubisque et les géants du Tour de France
Le col du Tourmalet, c’est le patron. À 2 115 mètres, il est le plus haut col routier des Pyrénées, et il le sait. On l’aborde soit depuis Sainte-Marie-de-Campan côté est — une montée régulière de 17 km à 7,4 % de moyenne —, soit depuis Luz-Saint-Sauveur côté ouest, plus court mais plus brutal par endroits. Au sommet, on trouve la statue du géant Octave Lapize, premier vainqueur du Tour à l’avoir franchi en 1910, une buvette qui fait des affaires l’été, et une vue sur les Pyrénées qui coupe le souffle même quand on en a plus beaucoup. Le Tour de France y est passé plus de 80 fois. Ça se voit : le béton du sommet est couvert de noms peints à la bombe par des supporters du monde entier.
Le col d’Aubisque, lui, c’est l’élégant. On y monte depuis Laruns par la vallée d’Ossau, sur 30 km d’une route qui longe des torrents et traverse des forêts avant de déboucher sur des pâturages d’altitude. À 1 709 mètres, il offre une vue imprenable sur le cirque du Litor et les crêtes frontières. Ce col est souvent couplé avec le col du Soulor sur la même route — les deux sont liés par une corniche taillée dans la roche, spectaculaire. Le Tour de France le fréquente régulièrement depuis 1910 également. Au sommet, une petite buvette et des vaches qui ne s’étonnent plus de rien.
⚠️ Attention : cols fermés hors saison
Le Tourmalet, l’Aubisque, le Pourtalet et plusieurs autres cols sont fermés en hiver et au printemps, parfois jusqu’en juin selon l’enneigement. Vérifiez toujours l’état des cols avant de partir sur le site du conseil départemental des Hautes-Pyrénées ou de l’Ariège. Un col fermé à mi-parcours oblige à de longs détours.
Les cols moins connus qui valent le détour sur la route des Pyrénées
La Route des cols des Pyrénées ne se résume pas aux géants médiatisés. Il y a des cols qu’on traverse presque seul, et c’est souvent là qu’on vit les meilleurs moments.
Le col de la Core, en Ariège, culmine à 1 395 mètres. Ce n’est pas le plus haut, mais c’est l’un des plus sauvages. La route serpente dans une forêt dense, les hêtres se rejoignent au-dessus de la chaussée, et on croise plus de chevreuils que de voitures. Idéal pour ceux qui cherchent la tranquillité.
Le col de Puymorens à 1 920 mètres marque la frontière naturelle entre l’Ariège et les Pyrénées-Orientales. Moins spectaculaire visuellement que le Tourmalet, il est en revanche souvent praticable plus tôt dans la saison. Un col utile et discret.
Le col du Portillon, côté espagnol à 1 293 mètres, relie Luchon à Bossost en Espagne. Court, raide, et souvent ignoré des touristes. C’est pourtant une belle porte d’entrée vers le Val d’Aran.
Le col de Menté à 1 349 mètres est tristement célèbre pour la chute de Luis Ocana lors du Tour 1971, mais c’est aussi un col d’une grande beauté, avec des vues dégagées sur les contreforts pyrénéens. Peu fréquenté, donc agréable.
| Nom du col | Altitude (m) | Versant principal | Difficulté (1-5) | Ouverture approx. |
|---|---|---|---|---|
| Col du Tourmalet | 2 115 | Luz-Saint-Sauveur / Campan | 5/5 | Juin – octobre |
| Col d’Aubisque | 1 709 | Laruns | 4/5 | Juin – octobre |
| Col du Peyresourde | 1 569 | Luchon / Arreau | 3/5 | Mai – novembre |
| Col d’Aspin | 1 489 | Arreau / Campan | 3/5 | Mai – novembre |
| Col du Pourtalet | 1 794 | Laruns (vers Espagne) | 3/5 | Juin – octobre |
| Col de la Core | 1 395 | Ariège | 2/5 | Avril – novembre |
| Col de Puymorens | 1 920 | Ax-les-Thermes | 3/5 | Mai – novembre |
| Col de Menté | 1 349 | Saint-Béat | 2/5 | Avril – novembre |
Parcourir la route des cols des Pyrénées selon votre moyen de transport
La route des cols à vélo : préparation et réalité du terrain
Soyons honnêtes : parcourir la Route des cols des Pyrénées à vélo, c’est un projet sérieux. Le dénivelé cumulé total avoisine les 21 500 mètres pour l’ensemble du parcours. Ça représente deux fois et demie l’Everest dans les jambes. Il ne s’agit pas d’une balade du dimanche.
La durée réaliste pour un cycliste entraîné est de 2 à 3 semaines, selon le rythme choisi et les étapes. Il faut compter en moyenne 60 à 80 km par jour, avec des journées à 1 500 m de dénivelé positif sur les tronçons des Hautes-Pyrénées. Le niveau requis est celui d’un cycliste habitué aux longues sorties en montagne — pas besoin d’être un professionnel, mais il faut avoir déjà souffert dans une côte et savoir gérer son effort.
Côté matériel, un vélo de route ou un gravel solide, des sacoches étanches, un cuissard de qualité et des chaussures adaptées sont indispensables. Les points de ravitaillement se font rares entre certains cols — notamment entre Laruns et Luchon. Prévoyez toujours au moins 1 500 kcal de réserve et deux bidons pleins avant d’attaquer le col du Tourmalet.
Les avantages du vélo sont réels : liberté totale, contact direct avec les Pyrénées, et une communauté cycliste internationale bienveillante qu’on croise à chaque col. Mais les inconvénients sont tout aussi concrets : météo imprévisible avec des orages qui arrivent sans prévenir l’après-midi, fatigue accumulée qui fragilise le corps après dix jours, et logistique d’hébergement à planifier à l’avance en haute saison.
En moto, voiture ou camping-car : ce qu’on ne vous dit pas toujours
La moto, c’est la liberté avec du caractère. On peut boucler la Route des cols des Pyrénées en 5 à 7 jours à moto, avec des journées bien remplies. Mais les routes pyrénéennes ne pardonnent pas l’inattention : certaines chaussées mesurent à peine 3,5 mètres de large, avec des gravillons en sortie de virage et des parois rocheuses qui ne laissent aucune marge d’erreur. L’équipement de sécurité complet est non négociable.
En voiture, l’accessibilité est bonne sur la majorité des cols. Attention cependant aux freins qui chauffent dans les longues descentes — on utilise le frein moteur, pas les plaquettes en continu. Les parkings aux sommets sont souvent saturés en juillet-août, notamment au Tourmalet et à l’Aubisque. Arriver tôt le matin reste la meilleure solution.
Pour les camping-cars, la situation est plus délicate. Plusieurs cols sont officiellement interdits aux véhicules de plus de 6 ou 8 mètres. Le col du Pourtalet, le col d’Aubisque et certains tronçons ariégeois ne sont pas adaptés aux grands gabarits. Les aires de stationnement en altitude sont rares et souvent sans branchement.
⚠️ Restrictions de circulation à connaître
Les camping-cars de plus de 9 mètres sont interdits sur plusieurs cols pyrénéens. Vérifiez les arrêtés préfectoraux locaux avant de partir. Certains cols ferment également la nuit ou par temps d’orage.
💡 Astuce : la meilleure période selon le mode de transport
Vélo : juin et septembre, pour éviter la chaleur et la foule de juillet-août. Moto : mai-juin ou septembre, routes moins chargées. Voiture / camping-car : évitez absolument les week-ends de juillet-août sur les cols stars.
Étapes, hébergements et sites à voir le long de la route des cols des Pyrénées
Les villages et vallées qui méritent qu’on s’y arrête
Laruns et la vallée d’Ossau, c’est le premier vrai souffle pyrénéen qu’on prend après le Pays Basque. Le village est modeste, authentique, avec un marché local où on trouve du fromage de brebis ossau-iraty comme nulle part ailleurs. La vallée qui monte vers le col du Pourtalet est une des plus belles des Pyrénées : le pic du Midi d’Ossau, ce volcan éteint en forme de dent, surveille tout depuis ses 2 884 mètres.
Luchon — Bagnères-de-Luchon pour les officiels — mérite bien son surnom de « reine des Pyrénées ». Ses thermes, ses allées bordées de platanes, ses hôtels Belle Époque : tout ici respire le tourisme de montagne à la française. C’est aussi un point de départ idéal pour trois ou quatre cols majeurs.
Saint-Lary-Soulan est plus récente dans le paysage touristique, mais la vallée d’Aure qu’elle commande est d’une beauté tranquille. On y mange bien — garbure, confit de canard, pastis gascon.
Tarascon-sur-Ariège marque l’entrée dans l’Ariège sauvage. La grotte de Niaux toute proche, avec ses peintures préhistoriques, mérite un arrêt. Et Villefranche-de-Conflent, en Pyrénées-Orientales, est un village fortifié par Vauban, classé au patrimoine mondial — une image de pierre et d’histoire au bord de la Têt.
| Ville étape | Distance depuis Hendaye | Hébergement type | Site à voir |
|---|---|---|---|
| Saint-Jean-Pied-de-Port | ~55 km | Gîtes, hôtels | Village basque fortifié |
| Laruns | ~180 km | Gîtes, chambres d’hôtes | Vallée d’Ossau, Pic du Midi d’Ossau |
| Lourdes | ~230 km | Hôtels (nombreux) | Sanctuaires, le cirque de Gavarnie à proximité |
| Luchon | ~380 km | Hôtels, thermes | Thermes, Pic du Midi de Bigorre |
| Ax-les-Thermes | ~530 km | Hôtels, camping | Thermes, grotte de Niaux |
| Font-Romeu | ~700 km | Hôtels, résidences | Héliodrome, paysages catalans |
💡 Conseil : réservez tôt en haute saison
En juillet-août, les hébergements dans les vallées pyrénéennes affichent complet des semaines à l’avance. Réservez au minimum 2 à 3 mois avant pour les étapes clés comme Luchon, Laruns ou Luz-Saint-Sauveur. Les gîtes d’étape cyclistes se remplissent encore plus vite.
Idées de circuits courts sur la route des cols des Pyrénées
Pas besoin de faire les 900 km d’un coup pour profiter de la Route des cols des Pyrénées. Voici trois circuits courts concrets, testés et approuvés.
1. Week-end Hautes-Pyrénées depuis Luchon : Tourmalet + Aspin + Peyresourde en boucle. Environ 120 km, 3 500 m de dénivelé, 2 jours à vélo ou une journée en voiture. Niveau intermédiaire à confirmé. Point de départ : Luchon. C’est le meilleur moyen de toucher trois cols majeurs des Pyrénées sans logistique complexe.
2. Journée Béarn depuis Laruns : Aubisque aller-retour via le col du Soulor. 60 km, 1 700 m de dénivelé, une demi-journée suffit en voiture, une journée entière à vélo. Accessible dès le niveau débutant en voiture. Vue sur le cirque du Litor garantie.
3. Circuit Ariège : cols de la Core et de Puymorens. Environ 150 km en voiture ou moto, une journée. Départ depuis Tarascon-sur-Ariège. Niveau facile à modéré. L’avantage de ce circuit : très peu de monde, des paysages bruts, et la satisfaction de rouler sur des cols que 90 % des touristes ignorent.
Conseils pratiques pour préparer votre route des cols des Pyrénées sans mauvaise surprise
On a vu trop de gens partir sur la route des cols des Pyrénées avec des sandales et une bouteille d’eau à moitié pleine. Voilà le briefing qu’on aurait aimé recevoir avant notre premier passage au Col du Tourmalet.
Choisir le bon moment
La fenêtre idéale s’étend de juin à septembre. Juillet et août, c’est praticable, mais attendez-vous à des files de camping-cars et une chaleur qui tape fort dans les vallées. Juin et septembre offrent une tranquillité appréciable — moins de monde, lumières magnifiques — mais la météo est moins fiable. Un col ouvert le matin peut se retrouver dans le brouillard à 14h.
La météo de montagne ne négocie pas
Dans les Pyrénées, le temps change en vingt minutes. Même en plein août, une couche chaude et imperméable dans le sac, c’est non négociable. Les orages d’après-midi sont fréquents entre juin et août — partez tôt, visez les sommets avant 13h, redescendez si le ciel noircit.
Vérifier l’état des cols avant de partir
Certains cols ferment pour travaux, chutes de pierres ou neige tardive. Consultez systématiquement les sites des conseils départementaux des Hautes-Pyrénées et des Pyrénées-Atlantiques avant le départ. Ne comptez pas sur votre GPS pour vous signaler une route barrée à 1 800 mètres.
Équipement, ravitaillement et assistance
- Vélo et moto : kit de réparation de base, chambre à air de rechange, outils essentiels
- Ravitaillement : stations-service et épiceries se font rares sur certains tronçons — partez avec des réserves d’eau et de nourriture
- Assurance assistance : indispensable, particulièrement à vélo et en moto. Un rapatriement depuis un col isolé coûte cher sans contrat adapté
💡 Astuce : les outils pour suivre l’état des cols en temps réel
- Bison Futé (bison-fute.gouv.fr) : trafic et conditions routières en temps réel
- Conseil départemental des Hautes-
Vos questions sur la route des cols des Pyrénées
Quelle est la longueur totale de la route des cols des Pyrénées et combien de temps faut-il pour la parcourir ?
La route des cols des Pyrénées s’étend sur environ 800 kilomètres, de l’Atlantique à la Méditerranée, en traversant les principaux massifs de la chaîne. En voiture, comptez entre 5 et 7 jours pour un parcours confortable avec des arrêts. À vélo, les cyclistes aguerris prévoient généralement 10 à 15 jours selon leur niveau et le nombre de cols visés. Rien n’oblige à tout faire d’une traite : beaucoup choisissent de découvrir la route par tronçons, sur plusieurs séjours étalés dans le temps.
Quand les cols des Pyrénées sont-ils ouverts à la circulation ?
La grande majorité des cols pyrénéens ouvre entre juin et octobre, selon l’enneigement de l’année. Le col du Tourmalet, le plus emblématique, est généralement accessible de mai à novembre. Certains cols secondaires restent fermés jusqu’en juillet après un hiver chargé. En dehors de cette fenêtre, la neige et le verglas rendent la circulation dangereuse, voire impossible. Avant de partir, il est indispensable de vérifier l’état d’ouverture des cols auprès des préfectures des Hautes-Pyrénées, des Pyrénées-Atlantiques et de l’Ariège.
Quel est le col le plus difficile de la route des cols des Pyrénées pour un cycliste ?
Le col du Tourmalet (2 115 m) est souvent cité comme le plus redoutable, avec ses 17,1 km d’ascension depuis Luz-Saint-Sauveur et une pente moyenne de 7,4 %. Mais le col d’Aubisque, l’Aspin ou encore le col de Peyresourde ont aussi de quoi faire souffrir des jambes pourtant bien entraînées. Sur la route des cols des Pyrénées, la difficulté vient souvent de l’enchaînement : monter plusieurs cols en une journée épuise même les meilleurs grimpeurs. Mieux vaut doser son effort dès le premier jour.
La route des cols des Pyrénées est-elle praticable en camping-car ?
Oui, mais avec des précautions sérieuses. Certains cols comme le Tourmalet ou l’Aubisque sont accessibles aux camping-cars de gabarit standard, mais les routes sont étroites, sinueuses et les croisements parfois acrobatiques. D’autres passages sont formellement interdits aux véhicules de plus de 3,5 tonnes ou déconseillés au-delà d’une certaine longueur. Il faut impérativement consulter les restrictions locales avant chaque étape. Les aires de camping-car sont encore peu nombreuses en altitude : une bonne organisation des nuitées en vallée reste la solution la plus sereine.
Faut-il faire la route des cols des Pyrénées dans un sens particulier, d’est en ouest ou d’ouest en est ?
Aucun sens n’est officiellement imposé, et les deux directions offrent leurs propres plaisirs. Partir de l’Atlantique (Hendaye) vers la Méditerranée (Cerbère) permet de commencer par des cols plus doux avant d’attaquer les géants du massif central pyrénéen. Dans l’autre sens, on entre dans le vif du sujet dès le départ. Pour les cyclistes, certains préfèrent avoir le vent dans le dos en partant d’ouest en est, le flux atlantique dominant soufflant souvent dans cette direction. En voiture, le sens importe peu : l’essentiel est de prendre le temps de s’arrêter.
Prêt à chausser les cols des Pyrénées ?
On arrive au bout du chemin, comme on dit ici quand on redescend du col avec les brebis en fin de journée. La route des cols des Pyrénées, c’est bien plus qu’un itinéraire sur une carte : c’est une traversée de la montagne dans toute sa diversité, de l’Atlantique humide et vert jusqu’à la Méditerranée sèche et lumineuse. Chaque col a son caractère, chaque vallée ses habitants, chaque virage sa surprise.
Ce qu’on a essayé de vous transmettre dans ce guide, c’est que cette route se mérite. Elle demande de la préparation — vérifier l’ouverture des cols, adapter son véhicule, choisir la bonne saison, anticiper les étapes. Que vous la parcouriez en voiture, à moto, à vélo ou en camping-car, l’expérience sera différente, mais jamais décevante pour qui arrive avec le bon état d’esprit.
La montagne ne pardonne pas l’improvisation, mais elle récompense généreusement ceux qui la respectent. On l’a appris à nos dépens, et on vous le dit franchement.
Alors si l’envie vous démange, commencez petit : un week-end autour du Tourmalet, une journée sur l’Aubisque. Testez vos jambes, vos freins et votre appétit pour les sommets. Et si le virus prend — et il prend presque toujours — vous reviendrez pour le parcours complet. La montagne, elle, sera encore là.